Les clés de la transition vers le durable en Afrique selon Jean Pierre Elong Mbassi.

Comme de tradition dans les sommets Africités, le Secrétaire Général de CGLU Afrique, Jean Pierre Elong Mbassi a entretenu les journalistes sur certaines préoccupations des médias venus nombreux pour relayer la nouvelle dynamique de l’Afrique locale. Occasion pour Jean Pierre ELong Mbassi d’insister sur les clés essentielles de la réussite de la transition de l’Afrique vers des villes et des territoires durables.

Prise de conscience des citoyens d’Afrique que l’avenir du monde se jouera en Afrique ; l’Afrique n’est pas pauvre mais l’on tente de faire croire aux Africains que leur continent est pauvre ; nécessité de renforcer la fiscalité locale et de mieux structurer la migration qui est un droit humain : voilà quelques-unes des clés que donne Jean Pierre Elong Mbassi pour engager l’Afrique des territoires sur la voie du durable. « La plupart de nos concitoyens en Afrique n’ont pas toujours conscience que l’avenir du monde se joue désormais sur le continent ». Or, sans cette prise de conscience, il sera difficile pour le continent d’engager la dynamique du durable car la voie du développement durable doit engager non seulement les collectivités locales, mais également les citoyens. Villes et territoires durables supposent un engagement collectif. Dans cet engagement collectif il faudra revoir la fiscalité et l’orienter vers le niveau local. Ce n’est pas parce que la tendance en Europe est à la baisse des impôts que l’Afrique doit emprunter cette même voie. En Afrique, peu de gens paient les impôts et beaucoup de gens échappent à la fiscalité. Or la transition dont il s’agit prend en compte le changement de comportement et de paradigmes, mais aussi une mobilisation des ressources, surtout au niveau local. Plus d’impôts mais redistribués aux collectivités locales, semble être une clé importante de la transition vers des villes et territoires durable.

Restaurer l’Afrique dans sa dignité et dans ses richesses.

« L’Afrique n’est pas pauvre. Certains tentent de faire croire qu’elle est pauvre. Or, ces mêmes personnes s’empressent de venir faire des affaires en Afrique. La crise de migration dont il est uestion aujourd’hui résulte du fait que les médias occidentaux ont toujours présenté l’Afrique comme le continent des malheurs. Comment voulez-vous qu’une jeunesse accepte de se construire dans un continent présenté comme celui des malheurs ? » Pour Jean Pierre Elong Mbassi, l’Afrique est le continent d’avenir avec ses ressources, sa dynamique vers le durable et surtout avec une bonne gestion de la transition démocratique. Mais pour y arriver, il faudra permettre aux Africains de croire en eux-mêmes et en leur continent.

Améliorer la politique urbaine pour anticiper le futur.

« La situation démographique en Afrique va se stabiliser dans les années à venir. Mais en attendant cette échéance, nous devons améliorer la gouvernance urbaine. L’afflux des citoyens vers les villes n’est pas le résultat d’une des politiques urbaines en Afrique. » Pour Jean Pierre Elong Mbassi, l’Afrique fait toujours face à ce qu’il appelle « l’équilibre de la mort ». Les ménages font beaucoup d’enfants en espérant que certains d’entre eux resteront en vie. Or, de nos jours, nous devons abandonner cette tendance. « La révolution médicale et les progrès scientifiques font que les enfants dépassent facilement le cap des cinq ans et vivent longtemps. C’est pourquoi, nous devons inverser cette tendance et rentrer dans « l’équilibre de la vie ». Seulement, en attendant, il faut améliorer les services urbains. 2/3 de la richesse des pays sont produites dans les villes. Il faut donc prendre les villes africaines au sérieux », insiste Jean Pierre Elong Mbassi.