Mademoiselle Geek Afrique 2018

1. Pouvez-vous vous présenter ?
Mon nom est Salissou Hassane Latifa. Jeune entrepreneur dans le domaine des TIC, Miss Geek Africa 2018, ambassadrice du numérique au Niger, membre de plusieurs associations communautaires. Passionnée de tout ce qui est humanisme, TIC, autonomisation des femmes.

2. Quel est votre parcours académique ?
Je suis étudiante en Master2 de Génie Logiciel à l’Ecole Supérieure de Télécommunications du Niger. Titulaire d’une licence en Génie Logiciel et d’un BAC scientifique.

3. Comment vous avez intégré le monde des nouvelles technologies et le développement des applications mobiles ?
Après mon bac, je voulais faire médicine, qui était mon rêve mais la longueur du cursus m’a découragée. Poussée par la famille, je me suis tournée vers le monde de la programmation. « C’est un domaine prometteur » me disait-on.
Je n’étais pas convaincue, mais comme il y avait la pression de la famille, je me suis laissée aller en passant un concours à l’Ecole Supérieure des Télécommunications du Niger où je fus admise. Nous n’étions que cinq filles sur un effectif de 39 étudiants dans la salle. J’entendais partout les gens dire que la programmation, c’est pour les hommes et non pour les femmes. Alors j’ai fait de cela un challenge, un défi. Je devais montrer que les filles ont leur place et qu’elles peuvent faire mieux que les hommes. Ce qui m’a amené au fil des années à aimer les TIC et à persévérer dans ce sens.

4. Qu’est-ce qui vous a poussée à traiter la problématique de la sécurité routière et les accidents de la route et a développer Saro App?
Mon rêve qui était la médecine, consiste à sauver des vies. Ce sentiment de pouvoir aider les gens qui en ont besoin. Telles sont les choses qui m’ont poussée à traiter cette problématique.
Au Niger, il y a trop d’accidents, des gens qui perdent des membres, voire même la vie à cause du manque des premiers secours à temps. Il fallait alors que j’utilise ma formation qui est la programmation pour concrétiser ce rêve-là, celui de sauver des vies et aider ma communauté qui en a tant besoin.

5. Quelle a été votre réaction quand on a annoncé votre nom comme lauréate du Miss Geek Africa 2018 et comment vous avez vécu cette expérience?
Un sentiment de joie et de fierté pour moi et pour mon pays tout entier. J’avais l’idée du projet depuis 2016, j’ai participé à deux concours en 2016 et en 2018 avec ce même projet. C’était sans suite mais les remarques des membres du jury et de mes proches m’ont permis d’améliorer mon idée initiale et de relever le défi pour démontrer à ceux qui n’y croyaient pas qu’ils avaient tort. Et voilà que cela a finalement payé.
Un sentiment de fierté parce qu’avant de m’envoler pour le concours Miss Geek Africa, notre Ministre, Conseiller du Président et PDG d’ANSI, M. Guimba Saidou m’avait accueillie et ses conseils étaient « tu ne pars pas pour gagner. On est déjà fière de toi du fait que tu sois sélectionnée pour représenter le pays ». Ce conseil m’a tellement mis en confiance et voilà que je gagne. Imaginez donc un peu ma joie et ma fierté.

6. Comment selon vous, peut-on aider les filles et les jeunes femmes en Afrique à intégrer le domaine des TIC et des STEM (Sciences, Technologies, Mathématiques et Ingénierie) ) ?
Comme je l’ai toujours dit, il faudrait inviter ces jeunes filles et femmes à aimer ce domaine. Il faut les inspirer à travers des modèles de réussite, leur montrer les merveilles que peuvent apporter les TIC dans leur communauté en touchant leur cœur, parce que ces dernières sont assez sensibles et ça peut susciter leur intérêt. Il ne suffit pas de dire que les filles ne s’y intéressent pas. Il faut les inciter à s’intéresser aux TIC et aux STEM.

7. Quels sont vos futurs plans pour votre application ?
Mes futurs plans, c’est de pouvoir implémenter cette application au-delà des frontières du Niger et au-delà de l’Afrique parce que c’est une nécessité. Beaucoup de personnes perdent la vie à cause du temps que mettent les secours ou à cause du manque de gestes de premiers secours.